Le chien est un animal qui vit en groupe, et il communique donc beaucoup. L'aboiement est l'un des outils dont dispose le chien pour se faire comprendre, et certains n'hésitent pas à donner de la voix plus que leur propriétaire ne peut supporter ! Comment dialoguer avec votre chien, et lui apprendre à se taire : voici quelques conseils pour un niveau sonore plus faible.

Le chien communique énormément avec la voix, entre autres moyens de communication : aboiement, mais aussi gémissements, plaintes, hurlements, grognements, grondements... le répertoire de vocalises à la portée du chien est énorme.

Aboiement sur commande

Aussi paradoxal que cela paraisse, apprendre au chien à aboyer sur commande est un bon moyen de lui apprendre dans un second temps le silence. Vous aurez noté la nuance : on n’apprend pas au chien à aboyer, mais à le faire sur commande.

Pour lui apprendre, profitez des moments où il aboie de lui-même pour donner l'ordre « aboie ! » ou « parle » (toujours le même). Il faut exprimer l'ordre pile au moment où votre chien aboie, ou quelques secondes avant. Vous pouvez immédiatement récompenser, avec une friandise ou à la voix, suivant ce qui marche.

Vous allez rapidement associer le son de l'ordre à l'activité d'aboyer, et le chien attendra sa récompense. Vous pouvez alors lui proposer l'ordredirectement, "Aboie", et récompenser à la seconde ou votre chien s'exécute. Il sait dorénavant aboyer sur commande. Cet apprentissage est un conditionnement classique.

Apprendre le silence

L'étape suivante consiste alors à lui apprendre à se taire. Il suffit de lui demander d'aboyer, puis quand il s'éxécute, vous donner l'ordre "Silence", ou "Chut" (de la même façon, peu importe le mot choisi, pourvu que vous utilisiez tout le temps le même). Dès qu'il arrête ses vocalises, vous donnez la récompense, sans attendre. Il est important, pour rappel, de bien syncroniser la récompense au comportement attendu (ici le silence), à la seconde près.

Peu à peu, par conditionnement classique également, le chien assoriera l'ordre "silence" à l'arrêt des aboiements. Vous pourrez alors utiliser cet ordre également sur des cessions de japements que vous n'aurez pas initiez. Votre chien sait aboyer et se taire sur commande, et mieux : il a appris à se taire, même s’il a commencé seul à aboyer tout seul.

Radio whoua whoua

On conseille souvent de laisser la radio au chien pour éviter qu’il ne s’ennuie. En fait, le but est double : couvrir en partie les bruits extérieurs, source de stimulations et d’aboiements pour lui, et si cette technique est correctement utilisée, laisser au chien un sentiment de présence et d'activité.

Voici comment : sortez de la pièce et mettez la radio en route. Revenez rapidement dans la pièce. Répétez l'opération plusieurs fois. Le but est que le chien associe le bruit de la radio avec votre présence dans la pièce d’à côté. Le jour où vous vous absenterez vraiment, la radio couvrira en partie votre départ, mais sera surtout pour le chien la preuve que vous n'êtes pas loin.

Attention, le but n'est pas de tromper le chien, il saura sentir votre présence indépendamment du bruit fait par la radio. Mais par habituation, ce son couvrira la période de solitude stressante, et parce que vous l'avez habituez à l'entendre dans un moment plus agréable avec vous, cela l'aidera à supporter la solitude plus facilement.

Colliers anti-aboiements et muselières

Il existe de très nombreuses variantes de collier anti-aboiement, pour citer les plus fréquemment rencontrées : colliers électriques, collier à la citronnelle, collier à la moutarde, collier à air pulsé, collier à ultrason. Leur principe est assez proche : donner au chien une sanction (punition) chaque fois que celui-ci aboie.

Aujourd'hui, ce type de méthode est clairement à éviter. Il y a plusieurs raisons à cela :

  • Le chien apprend beaucoup mieux quand la motivation est donné par la récompense, que par la peur d'une punition. Il vaut donc mieux pratiquer des exercices à partir de méthode d'éducation positive, que de se décharger du problème avec cet outil coercitif.
  • certains colliers provoquent des dégâts (biologiques ou comportementaux) : brûlure au niveau des diodes, peur et anxiété en réaction à la décharge électrique ou au spray...
  • il y a de hauts risques de mauvais apprentissages : le chien associe la punition non pas à l'aboiement, mais au stimulus qui déclenche chez lui des aboiements, ce qui en général augmente encore plus son aversion pour ces stimuli, en plus de provoquer stress et anxiété.

Que ce soit par habituation ou désensibilisation, le chien peut aussi apprendre à ne plus faire attention à ces punitions, et les ignorer. Cet état éthologique s'appelle la résignation aquise, et est la conséquence d'un mal-être ressenti mais ingérable pour l'animal.

Il faut savoir que dans certains pays de l’Union européenne, leur commercialisation est soumise à l’utilisation avec un professionnel, voir interdite. Certains sont plus sophistiqués que d’autres.

Les muselières sont des outils censées limiter la possibilité d'aboyer, mais de la même façon, l'outil est peu efficace et très limitant dans son utilisation, générant du mal-être, et ne corrigeant pas la cause du problème mais ses conséquences (et encore).

Une question de gènes !

La question de l'origine génétique revient régulièrement sur le devant de la scène. Or, dans les limites de connaissances scientifiques actuelles, il n’est pas possible de prouver que des gènes soient responsables de l’agressivité ou de l’aboiement de certaines races de chiens, ni même d’individus.

On observe bien une sélection à partir de critère comportementaux, comme on fait avec les chiens de berger, ou de chasse, mais le support génétique est fortement discuté. D'autres voies sont en cours d'étude, notamment le domaine de l'épigénétique, justement.

Mais les comportements comme l'aboiement sont le résultat d'une origine innée, propre au chien, et des apprentissages que l'individu va réaliser.

Stigmatiser des races en les catégorisant sous prétexte qu’elles seraient dangereuses est aussi ridicule que de prétexter que tel ou tel chien aboie parce qu’il est de telle race. C’est pratique, c’est facile, c’est rapide mais c’est faux. Avant d’être de telle race, votre chien est un chien, et à ce titre il a des réactions physiques et comportementales propres à son espèce. Si certaines races expriment des tendances sur certains comportements, il n'en reste pas moins que chaque individu est unique.

Conclusion

Les chiens aboient parce qu’ils sont des chiens, avouez que si le vôtre miaulait ou parlait, ça vous surprendrait ! Ils aboient aussi parce qu’on les place dans des situations où ils peuvent, voire ils doivent le faire. Et très souvent parce que leur maître ne leur a pas appris à communiquer correctement, quand ce dernier ne les renforce pas involontairement dans ce travers.

Comme souvent, plutôt que d’accuser nos chiens d’aboyer, comportons- nous en maître responsable et satisfaisons leurs besoins, apprenons-leur les bons comportements, avec les bonnes méthodes, pour vivre dans notre monde d’humains. Ils nous en seront reconnaissants, d’un coup de langue peut-être !

Dr Stéphane Tardif
Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

A lire aussi : Comment punir son chien ?



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