Synonymes: Recherche de mycobactéries, Recherche du bacille de Koch (BK), Recherche de bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR)
Nom officiel: Mycobactéries : examen microscopique et culture
Examens apparentés: Intradermoréaction à la tuberculine (IDR) ou test à la tuberculine

D'un coup d'oeil

Pourquoi faire cet examen de biologie médicale ?

Pour aider à l’identification d’une infection à mycobactéries; pour le diagnostic d'une tuberculose; pour réaliser le suivi de l’efficacité d’un traitement antituberculeux.

 

Quand est-il demandé ?

Si vous avez certains symptômes comme: une toux chronique, une perte de poids, de la fièvre, des frissons,  une asthénie, qui pourraient être dus à une tuberculose ou une autre infection à mycobactéries; si votre médecin évoque chez vous une tuberculose-maladie (infection active); si votre médecin veut suivre l’efficacité d’un traitement antituberculeux.

 

Quel type de prélèvement ?

Habituellement, au total, trois échantillons d’expectorations sont recueillis tôt le matin, sur plusieurs jours. Si le patient est incapable d’émettre spontanément les expectorations par crachat, il est possible d’utiliser un bronchoscope pour récupérer les sécrétions. Chez les enfants, le prélèvement peut se faire par tubage gastrique. Selon les symptômes, d’autres liquides (urine,  liquide céphalo-rachidien, etc) ou des biopsies de tissus peuvent être prélevés.

Le prélèvement

Qu'est-ce qui est analysé ?

Les bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR) sont des bactéries (mycobactéries) en forme de bâtonnets (bacilles) qui peuvent être visualisées et dénombrées au microscope après fixation sur lame de verre et coloration spéciale (coloration qui met en évidence les propriétés d’acido-alcoolo-résistance de ces bactéries). La plupart des BAAR appartiennent au genre Mycobacterium.

Mycobacterium tuberculosis est la mycobactérie la plus fréquemment rencontrée en pathologie et la plus infectieuse. La plupart des échantillons qui sont adressés pour recherche de BAAR par coloration et culture sont prélevés parce que le médecin suspecte une tuberculose. Seules quelques-unes des plus de 60 espèces de mycobactéries connues entraînent des infections chez l’homme.

Parmi celles-ci:
M. africanum entraîne une maladie similaire à la tuberculose, principalement dans certains pays en voie de développement.
•    Le complexe Mycobacterium avium-intracellulare (MAC), peut entraîner une infection pulmonaire chez les patients immunodéprimés, comme les patients âgés ou les malades du SIDA; cette maladie n’est pas contagieuse d’homme à homme, mais est difficile à traiter du fait de sa résistance habituelle aux antituberculeux.
•    D’autres espèces de mycobactéries, comme Mycobacterium marinum, se rencontrent en milieux aqueux (ex: aquariums), et peuvent entraîner des infections cutanées, alors que d’autres mycobactéries à croissance rapide peuvent contaminer blessures et prothèses.
•    Quelques mycobactéries, comme M. bovis, peuvent se transmettre de l’animal à l’homme.

Plusieurs frottis sur lame, issus d’échantillons différents, doivent être étudiés, car la quantité de bacilles n’est pas forcément constante dans le temps. SI des BAAR sont détectés sur l’une des lames, une infection mycobactérienne est probable. Comme M. tuberculosis est la plus habituelle cause d’infection respiratoire à mycobactéries, un diagnostic fortement présomptif de tuberculose peut être posé, mais d’autres examens devront être réalisés pour identifier le BAAR comme M. tuberculosis ou une autre espèce.
Les échantillons d’un patient sont traités pour la culture dans le même temps que la recherche microscopique. Les cultures servent à faire croître les BAAR au laboratoire. Les fluides biologiques ou prélèvements de tissus sont décontaminés afin d’éliminer les autres bactéries présentes normalement dans ces milieux, puis concentrés afin d’augmenter la quantité de bactéries dans l’inoculum qui sera ensemencé sur un milieu nutritif puis mis à incuber. Les mycobactéries poussant lentement, une identification de(s) (l’)espèce(s) présente(s) peut prendre quelques jours à plusieurs semaines, tandis qu’un résultat négatif (aucune pousse de mycobactérie) ne pourra être confirmé qu’au bout de 6 à 8 semaines.

 

Comment l'échantillon est-il recueilli ?

Comme M. tuberculosis et M. avium infectent le plus souvent les poumons, l’expectoration est l’échantillon le plus habituellement analysé. Appelé aussi crachat (ou glaire), il s’agit d’un mucus épais, évacué de l’arbre pulmonaire par un effort de toux. Habituellement,  trois à cinq échantillons matinaux sont recueillis (sur autant de jours consécutifs) en récipients stériles.

Si vous êtes dans l’incapacité d’émettre une expectoration, votre médecin peut réaliser le prélèvement lors d’une bronchoscopie. Cet examen permet au médecin de prélever des échantillons tout en observant les bronches et bronchioles, qui sont les conduits reliant la trachée aux alvéoles pulmonaires, permettant ainsi l’arrivée de l’air aux poumons. Après pulvérisation d’un anesthésique local dans la trachée, le médecin insère un tube dans vos bronches et bronchioles, et aspire le mucus. Il introduira parfois une petite quantité de sérum physiologique (eau salée) via la tubulure jusque dans la bronche, puis réaspirera le produit de lavage bronchique constituant alors l’échantillon.
Comme les jeunes enfants ne peuvent pas spontanément cracher, le prélèvement pourra se faire par tubage gastrique. Ceci implique l’introduction de sérum physiologique dans l’estomac via un tube souple, suivi d’une aspiration du liquide.

Si votre médecin suspecte une tuberculose extra-pulmonaire (relativement fréquente chez les malades du SIDA), il fera analyser les liquides biologiques ou tissus les plus probablement affectés. Par exemple, vous pourrez recueillir un ou plusieurs échantillons d’urine s’il suspecte une infection des reins. Certains liquides (articulaire, péricardique, péritonéal) peuvent être ponctionnés à l’aide d’une aiguille. Dans d'autres cas, votre médecin pourra être amené à utiliser une aiguille pour réaliser une ponction de LCR ou une biopsie de tissu.

L'examen de biologie médicale

Dans quel but est-il prescrit ?

La recherche de BAAR par coloration et culture sert à déterminer si vous présentez une infection active à Mycobacterium tuberculosis, une infection due à une autre bactérie du genre Mycobacterium, ou des symptômes pseudo-tuberculeux dus à une autre cause. Elle aide à déterminer si la tuberculose est circonscrite aux poumons, ou si elle atteint d’autres organes (tuberculose extra-pulmonaire). Elle est prescrite pour identifier M. tuberculosis et déterminer l’agent antimicrobien le plus efficace pour traiter l’infection. M. tuberculosis peut être résistant à un ou plusieurs médicaments indiqués dans le traitement de la tuberculose. En cas de résistance à plusieurs antituberculeux majeurs, on parle de multirésistance; en cas de résistance à des antituberculeux majeurs et mineurs (utilisés en seconde intention), on parle d’ultrarésistance. Les cultures peuvent être utilisées pour suivre l’efficacité d’un traitement et aider à déterminer si un patient n’est plus contagieux.

La tuberculose, se transmettant par l’intermédiaire de gouttelettes de sécrétions respiratoires véhiculées par l’air, constitue un problème de santé publique. Elle peut diffuser dans certaines populations confinées, comme le milieu carcéral, les établissements de soins, les écoles. Les jeunes enfants, les personnes âgées, ou les patients porteurs de maladie comme le SIDA qui affaiblissent le système immunitaire, apparaissent particulièrement vulnérables. La recherche de BAAR peut aider à dépister et minimiser la diffusion de la tuberculose dans ces populations, et aider à mesurer l’efficacité des traitements.

 

Quand est-il prescrit ?

En cas de:
• symptômes évoquant une tuberculose pulmonaire, comme une toux grasse persistante, avec émission de sécrétions parfois striées de sang
•    intradermo-réaction à la tuberculine positive, associée à des signes pulmonaires caractéristiques (radiologiques, notamment)
•    diagnostic de tuberculose chez une personne de votre entourage (famille, collègue) alors que vous présentez vous-même des symptômes ou que vous êtes à risque élevé de contamination (séropositif pour le VIH par exemple; par ailleurs, les patients au stade SIDA sont plus susceptibles que les autres patients contaminés de développer une forme extra-pulmonaire avec des symptômes discrets et peu spécifiques)
•    traitement antituberculeux; l’examen est en général prescrit à intervalles réguliers, que ce soit pour évaluer l’efficacité du traitement ou pour déterminer si vous êtes encore contagieux.

 

Comment interpréter son résultat ?

Un examen microscopique positif indique une infection à mycobactérie probable. La positivité des cultures permet l’identification d’une mycobactérie particulière responsable des symptômes, et donne au médecin l’information sur le niveau de résistance au traitement.
Une positivité en microscopie ou en culture  plusieurs semaines après début du traitement peut signifier que la combinaison d’antituberculeux choisie n’est pas efficace et doit être modifiée. Cela signifie aussi que vous êtes toujours susceptible d’être contagieux et de transmettre la bactérie à d’autres par la toux ou les éternuements.
Une culture négative signifie soit que vous n’avez pas d’infection à mycobactérie, soit que la mycobactérie n’était pas présente dans l’échantillon ensemencé (d’où l’intérêt de répéter les prélèvements). Si vous êtes atteint de la tuberculose, l’infection peut se situer dans un autre secteur de l’organisme, et un autre type de prélèvement peut être nécessaire. Une culture négative plusieurs semaines après début du traitement indique une bonne réponse au traitement et que vous n’êtes plus contagieux.

 

Y a-t-il d’autres choses à savoir ?

La tuberculose nécessite un traitement antibiotique au long cours comportant une association de plusieurs molécules, afin d’éradiquer une infection active. Les patients porteurs d’une infection latente, bien qu’asymptomatiques, pourront être traités par monothérapie (une molécule) afin de réduire le risque de développer une infection active par la suite.

Plusieurs autres méthodes, basées sur les éléments génétiques des mycobactéries, ont été développées pour diminuer le temps nécessaire au diagnostic de tuberculose, parmi lesquels les sondes nucléiques et l’amplification génique. Elles permettent d’amplifier/répliquer des morceaux de code génétique des micro-organismes et de détecter les mycobactéries dans les échantillons en moins de 24 heures, et de resserrer l’identification d’espèce au sein d’un complexe de mycobactéries.  Couplées avec un résultat microscopique positif, ces méthodes sont assez sensibles et spécifiques; lorsque la microscopie est négative, elles sont moins pertinentes. Elles sont validées pour les échantillons respiratoires, et doivent être ensuite confirmées par la culture, mais elles fournissent une réponse rapide, permettant au médecin de mettre en isolement les patients potentiellement contagieux et réduire la diffusion de la maladie.

Une méthode de culture de M. tuberculosis plus rapide est actuellement en cours d’évaluation. Cette nouvelle méthode par culture en milieu liquide appelée MODS (Microscopic-Observation Drug-Susceptibility assay) permet un diagnostic de tuberculose en 7 jours et fournit en même temps l’antibiotique le plus efficace. En permettant la détection de souches multirésistantes bien plus rapidement que les méthodes classiques, cette technique peut aider les professionnels de santé à diagnostiquer et traiter la maladie à un stade plus précoce et constitue une arme potentielle pour lutter contre la dissémination de la maladie.

Questions fréquentes

1. Puis-je être atteint de tuberculose sans être cliniquement malade ?
Oui. Rien qu’aux Etats-Unis, de 10 à 15 millions de personnes présentent une forme latente de tuberculose. Ils ont été en contact avec la bactérie mais leur système immunitaire l’a combattue efficacement, confinant les bacilles dans un état de quiescence (forme inactive). Ces gens ne sont pas malades ni contagieux, mais la bactérie est toujours présente et vivante. Lorsqu’ils sont testés, la plupart présentent une intradermo-réaction à la tuberculine positive. Environ 90 % des gens porteurs d’une tuberculose latente ne développeront jamais la maladie.

Les personnes présentant une tuberculose-maladie ne se sentiront pas malades d’emblée. Les premiers symptômes peuvent être discrets, et, en cas de forme extra-pulmonaire (atteinte par exemple du rein ou des os), la maladie peut être à un stade assez avancé au moment des premiers symptômes décelables.

 

2. Quelle est la différence entre multirésistance et ultrarésistance ?
Les deux expressions caractérisent des souches de M. tuberculosis difficiles à traiter, mais l’ultrarésistance implique une résistance à de plus nombreuses molécules. Une souche ultrarésistante est actuellement définie par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et le CDC (Center for Disease Control and Prevention, organisme de santé américain) comme résistante à l’isoniazide, la rifampicine (molécules majeures), à au-moins une fluoroquinolone et au-moins une des trois molécules de seconde intention injectables (amikacine, kanamycine, capréomycine). L’émergence de souches ultrarésistantes est surveillée étroitement par la communauté médicale mondiale et des dispositions sont actuellement prises pour limiter leur diffusion.

 

3. Pourquoi mon médecin me demande-t-il de prendre mon médicament en présence d’une infirmière ?
La thérapie sous surveillance (DOT, Direct observed therapy) assure que le patient prend bien ses médicaments et poursuit le traitement le temps nécessaire, étant donné que la longue durée de traitement de la tuberculose (plusieurs mois, contre 7 à 10 jours pour une infection bactérienne classique) est un obstacle à la bonne observance de la prescription et donc à la guérison. Ceci dit, cette attitude est pour le moment plus développée dans les pays anglo-saxons qu’en France.

Pour une bonne prescription

La HAS (Haute Autorité de Santé) a compétence pour donner un avis sur la pertinence de tel ou tel examen de biologie médicale, dans telle ou telle pathologie. Chaque fois qu'il existe un avis de la HAS pour l'examen concerné, nous le signalons par un lien.

Vous trouverez toute l'information sur les liens suivants:
 

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_482999/active-tuberculosis

Liens

Centre National de Référence des Mycobactéries:

http://cnrmyctb.free.fr/



Related news

Queso cebreiro galicia home
Anthony dellamarta canberra accommodation
Agnes toma casa de moda
Art bouddhique du gandhara international airport
Que faire quand on est sur les nerfs craniens
Dairy queen ice cream cake review philippines
Imagenes de portada modani
Emergency 4 piecki moda
Calzas dentales para que sirven las pastillas